Partie 01 : Présentation sommaire du livre
Le livre prend pour prétexte, le vote de la loi sur la chefferie traditionnelle au Bénin, pour explorer le terrain et déterminer les conditions de l’applicabilité de cette loi, au regard des réalités sociales, sociologiques, historiques et même politiques. Dans son livre donc, on a :
– Une présentation de la loi en question (les circonstances du vote, la pertinence de son vote, les réalités auxquelles elle répond, et les espoirs qu’elle appelle)
– Il y a aussi dans le livre un rappel de la réalité dans laquelle nous vivons : nous sommes dans la république, en tout cas depuis 1960, qui est une conception du pouvoir, totalement différente de ce que nous avions connu en Afrique des temps anciens (la colonisation, les lois, la notion de république et autres, et le fonctionnement du pouvoir dans la république, avec ses différentes facettes quand on est en révolution ou en démocratie) ;
– Il a insisté sur ce qu’appelle la notion de république et de démocratie : le pouvoir par le peuple et pour le peuple, une voix par individu et autres). Ce qui est contraire, dans beaucoup de mesures, à la conception du pouvoir de l’Afrique des temps anciens.
– il y a aussi que la république, telle qu’elle se présente aujourd’hui au Bénin, révèle une réalité singulière avec le pouvoir qui se déconcentre et va vers les populations à la base. Bon, ça c’est le souhait ;
– Maintenant, parlant de l’Afrique des temps anciens, le livre a proposé un rappel de ce que c’est que la chefferie à l’africaine.
– Il y a une caractéristique partagée par les peuples en Afrique au sujet du pouvoir, et qui est une réalité dominante, mais pas la seule. La réalité dominante, c’est que le pouvoir est fortement centralisé, et tient des ramifications multiples : politiques, religieux, diplomatie, décentralisation et tout.
Tout tourne autour d’une seule et même personne.
– Je rappelle que c’est la réalité dominante, parce qu’ailleurs, le pouvoir traditionnel n’est pas organisé de la même manière ;
– C’est alors que l’auteur s’est proposé de nous présenter le pouvoir tel qu’il est organisé au niveau du royaume du Danhomey, avec des ministres et autres voix importantes autour du souverain. –
Deux dernière choses dont le livre nous parle : la place réservée au pouvoir traditionnel et ce qu’il est devenu avec le temps et la colonisation, et surtout ce que la loi espère en faire avec le temps à venir ;
– il s’agit de confiner la chefferie traditionnelle dans un couloir bien précis : la spiritualité, la moralisation, la cohésion sociale et l’appui au renforcement du pouvoir de la république. Voilà un peu, ce qu’il y a dans le livre, qui propose alors, de s’intéresser à ce qui se passe ailleurs pour renforcer la pertinence et la valeur de la chefferie traditionnelle chez nous.
L’auteur s’est alors inspiré de la forte prégnance de la chefferie traditionnelle dans le champ politique au Ghana, et la place très sacrée qu’on lui concède au Nigéria.
Partie 02 : Les réflexions que le sujet appelle
La loi est une grosse et grande avancée. Mais il y a des réalités dont il faut tenir compte, et surtout déterminer ce que nous voulons faire de notre chefferie traditionnelle :
– Faut-il rêver d’une forme à la ghanéenne ou nigériane ? L’histoire et la colonisation ne nous permettent plus d’en rêver ;
– Faut-il une option espagnole ou britannique où l’acteur politique va faire allégeance à la couronne ? La république est suffisamment forte ici, à la façon française où ne sait même plus si la principauté existe encore à Monaco en dehors des livres et du championnat de football
– La loi en l’état a besoin d’une forte éducation des acteurs politiques, et même des acteurs de la chefferie traditionnelle. C’est d’ailleurs ce que propose l’auteur.
– Il faut dire à l’acteur politique que, la loi certes a demandé qu’il s’appuie sur le chef traditionnel qui doivent être à sa disposition mais s’il veut en faire un clébé, ça va choquer, ca va agacer. Je me rappelle de cette exaspération d’un homme qui disait que ses rois et têtes couronnées ne peuvent pas se laisser réuni dans une salle de réunion, par un homme politique qui va finir sa séance par des sandwiches
Je pense, comme beaucoup, qu’il faut créer notre propre voie, mais cette option est aussi risquée parce qu’il y a des réalités qui sont encore prégnantes, et qui sont de deux ordres :
– celles qui sont à nos profits comme les parentés à taquineries et celles qui peuvent nous déchirer. Il y a un acteur politique, ministre de l’énergie, qui est devenu un farouche opposant à son président parce que celui-ci l’a enlevé pour le remplacer par quelqu’un qu’il considère comme son esclave. Si nous croyons que c’est des histoires, écoutez bien les échanges. Même dans la plaisanterie, cela revient.
Le problème que cela pose, c’est que le chef traditionnel qui considère l’acteur politique comme son esclave historique ne va pas collaborer.
Partie 03 : Pour finir
Je prends ce livre comme un appel à un dialogue entre les pouvoirs : ceux légitimes et historiques, et ceux modernes, nés des contingences. C’est d’ailleurs ce qu’il faut retenir du titre : Faire en sorte que les pouvoirs n’entrent pas en conflits, mais dialoguent et se complètent. Ce qui est pour ma part, difficile. Le pouvoir ne tolère pas le pouvoir. Deux pouvoirs ne cohabitent pas. Ils deviennent ennemis, se combattent, et l’un finit toujours par absorber l’autre.
